Jérémy Laffon

Jérémy Laffon
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Jérémy Laffon

Vernissage vendredi 25 septembre à 18h30
Exposition jusqu'au 24 octobre 2020

Au premier abord, les œuvres de Jérémy Laffon chatouillent l'imaginaire du spectateur par un sens de l'absurde manié avec légèreté, images concises et formes simples qui explorent le potentiel évocateur de leurs éléments constitutifs : objets liés à des activités de la vie ordinaire tels que balles de ping-pong, toupies, annuaire du téléphone, pop corn, litière pour chat, chewing-gum… et autres ustensiles ou accessoires qui ne renvoient pas tant à l'univers du jeu à proprement parler que plus largement à un certain type d'activités qu'on situerait quelque part entre la catégorie des petits travaux et celle des hobbies. Qu'elles participent de la sculpture, du dessin, de l'installation, de la vidéo ou encore de l'objet, on peut déceler dans ces oeuvres l'expression d'un savoir-faire accompli dans le registre du contre-emploi, procédé qui réinvestit sur un plan matériel les ressources du paradoxe. Insistons sur ce point : la pratique de Jérémy Laffon n'est pas simplement un art du jeu de mot, qui opérerait par simple déplacement, inversion ou effet de sens, mais une poétique profondément plastique et matérialiste qui fusionne l'idée et le métier, exploitant littéralement la matière symbolique de ses ingrédients par un travail patient de transformation du matériau qu'alimente une certaine énergie du défi. La poétique de l'absurde n'est pas seulement un ressort comique, mais aussi le levier d'une dynamique créative : elle met en suspens les limites du bon sens qui déterminent communément la valeur d'un projet en fonction du rapport entre le temps, l'énergie et les compétences qu'il nécessite au regard de l'intérêt supposé du résultat obtenu.

Le détournement des matériaux implique la mise à l'épreuve de leurs limites physiques, et nous fait entrer dans le domaine de l'expérimentation avec la dimension d'incertitude, de risque et d'échec qu'elle suppose. Elle implique un investissement effectif dans le temps du processus…

Camille Videcoq