Fragments d'un territoire

Randa Maroufi
-

Fragments d'un territoire

Vernissage mardi 14 janvier à 18h30
Performance suivie de la projection de "Bab Sebta" à 19h et 20h
Exposition jusqu'au 15 février

Les routes se sont dessinées au fur et à mesure des taxis, pendant une heure et demie où défilaient des paysages divergents, des montagnes à la côte méditerranéenne. Au départ de Tanger, par la fenêtre, nous contemplions l’itinéraire qui nous mènerait à ce territoire. En quelque sorte, Bab Sebta c’est avant tout ma première histoire avec Randa. Une première histoire que nous partageons maintenant depuis plusieurs mois.

L’expérience d’une frontière telle que Ceuta n’est pas tout à fait ordinaire. À ses portes, ce sont des barbelés qui donnent le cadre à la mer. Il faut franchir plusieurs barrages avant d’entrer dans l’espace Schengen, barricadé par une architecture usée, avec une signalétique particulière. L’immersion dans un espace aussi contrôlé où la contrebande agit de manière souterraine, où le corps de ses acteurs est proie à toute une structure organisée.

Lors des différents repérages au sein de cette enclave, nous collections à même le lieu les accessoires et éléments du décor, en considérant les formes de passation, la gestuelle des individus et des autorités. Étant guidées par les rencontres et les échanges autour de cet espace, nous en venions parfois même à nous prêter à ce rôle, nos valises pleines de marchandises. Sans que la douane ne se doute de rien...

Randa investit ici la galerie Paradise dans l’intention de convier le spectateur à cette expérience autour d’une mise en scène, celle de la frontière de Ceuta. Reconfigurer cette attente, ce décor à travers le protocole et les attitudes des autorités, entre tension et absurdité. Elle s’empare du lieu, jouant avec l’intérieur et l’extérieur de la galerie, espace de projection, espace public.

Lucie Maxin