Les Baricades Mistérieuses

Margaux Bricler
-

Les Baricades Mistérieuses

Vernissage le mardi 11 avril 2017 à 18h30.
Exposition du mercredi 12 avril au samedi 6 mai 2017.

Cette exposition présente le travail de Margaux Bricler qui sera en résidence à Paradise en juin et juillet 2017. Une exposition en septembre présentera le travail qu'elle a réalisé lors de sa résidence.


« Je m'allongeai à ce moment là dans l'herbe, le crâne sur une grande pierre plate et les yeux ouverts juste sous la voie lactée, étrange trouée de sperme astral et d'urine céleste à travers la voûte crânienne formée par le cercle des constellations : (...) un œuf, un œil crevés ou mon propre crâne ébloui et pesamment collé à la pierre en renvoyaient à l'infini des images symétriques. »
Georges Bataille, Histoire de l'œil, 1928

Margaux Bricler, dont la trajectoire artistique fut un temps proche du minimalisme, s'enracine dans le champ de l'évocation poétique et de la matière, et réunit une dizaine de pièces issues des séries la Prose du Monde (2014 - 2016) et les Vestiges du Hasard (2016 - ...).
L'artiste déploie une esthétique dans laquelle se mêlent un romantisme contemporain quasiment sur-réel et de nombreuses allusions à l'iconographie du Quattrocento et aux codes de l'alchimie, cette discipline philosophique qui combinait la physique, l'astrologie, la philologie, la sémiotique, la spiritualité et l'art.
La répétition de notions et d'objets, délibérément présente dans l'exposition, laisse affleurer une curieuse obsession à l'égard du rôle que le hasard joue dans nos vie. Depuis l'organisation de l'univers jusqu'à l'impossible position de deux dés lancés sur un plateau, en passant par l'amour indomptable et capricieux, tout paraît être régi par de secrètes lois que les pièces de l'artiste peuvent, par épiphanie, rendre visibles.
Il semble qu'il nous soit dit : c'est à l'endroit précis où le langage devient caduc pour délivrer un contenu instable et occulte que surgit l'art. Et l'art se matérialise ici tel un jeu vital, cosa mentale, que le spectateur doit oser jouer à son tour.